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SOIF DE VIE

DELIER  LE  LIEN  AVEC  L' ALCOOL  POUR  SE  RELIER    LA  VIE

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QUELQUES FEUILLES DES MOIS PRECEDENTS ...

La Feuille N59

A ta sant, Hanna

Broman, qui avait suivi son regard, empoigna le cruchon avec dfi :

  • Tu vas boire un coup, a va te calmer.

Il remplit le gobelet moiti et le lui tendit de son ct, il porta le cruchon ses lvres.

  • A ta sant, Hanna !

Elle navait encore jamais goutt leau-de-vie et manqua de stouffer la premire gorge. Comme il insistait, elle essaya nouveau et sentit bien vite une trange chaleur se rpandre dans tout son corps. Puis elle se mit rire, le visage lev vers le ciel. Elle ne pouvait plus sarrter, dailleurs elle nen avait pas envie. Pour la premire fois de sa vie, Hanna tait libre, sans souci. Cest comme au paradis o on na plus sinquiter de rien, pensa-t-elle !!!!

(Extrait de " Hanna et ses filles ", de Marianne Fredrikson)

Le paradis ! Oui, pour un temps, mais aprs ????

Aprs peut-tre lenfer !

Cette histoire, cest un peu la ntre. Cest srement celle de beaucoup dentre nous. Maintenant, nous sommes revenus au purgatoire, essayons de retrouver le VRAI PARADIS et non plus lenfer.

Pour y arriver je sais que le chemin est long, tortueux, caillouteux, que les chutes risquent dtre nombreuses. Mais je sais aussi que des mains se tendent pour nous aider, ne les repoussons pas ; sachons les saisir ! Je pense en crivant ces mots nos thrapeutes, nos proches, aux associations (Soif de Vie par exemple). En faisant un bout de chemin ensemble, peut-tre, srement devrais-je dire, russirons-nous.

En me relisant, jai envie de terminer par AMEN !

Mais si je dis Amen maintenant, tout est foutu et je suis mort. Hors jai envie de vivre !

Alors rendez-vous au PARADIS SANS ALCOOL.

Albert

La Feuille N58

Les Saisons

Le printemps et son doux soleil sont arrivs en mme temps que nous sur la terre.

Tels les bourgeons des arbres ou les fleurs multicolores, nous grandissons dans la joie et linnocence, au rythme du son clair dun ruisseau de montagne ou du gazouillis des oiseaux.

Puis, vient lt lge de raison, celui qui nous force prendre des engagements, devenir responsables.

Son soleil de plomb nous harasse ; parfois, des orages violents clatent, et des pluies de chaudes larmes sabattent sur nous.

Lautomne est dj l, soleil au dclin, matins embrums.

La vgtation se prpare, les feuilles tombent, inlassablement.

Nous voudrions les recoller sur les branches de ces arbres qui nous ont apports tant de bonheur, tant de fracheur, mais cest trop tard, elles jonchent le sol elles sont mortes.

Les oiseaux, que lon voudrait retenir, fuient aussi cette ralit pour trouver un monde meilleur.

Parfois, on allume un grand feu de chemine pour trouver du rconfort, mais ce nest quphmre et illusoire, et le lendemain, lodeur de cendre a du mal se dissiper.

Nous cherchons dsesprment chaleur et lumire dans le soleil de lhiver, en vain.

La neige, les repres qui pourraient nous guider ; la glace inhibe nos sensations ; le vent glacial et violent emporte avec lui le peu dmotions et damour propre quil nous reste.

Et puis il y a encore et toujours ce maudit feu de chemine qui nous obsde et quil faut sans cesse entretenir, alimenter en bois pour que ses longues flammes brlantes mais futiles puissent nous hypnotiser, capturer notre me et nous entraner vers des abmes affreux et secrets.

Il faut oser frapper cette porte invisible mais tellement rconfortante afin de rencontrer ceux qui nous aideront briser la glace, faire taire le vent et fondre la neige, teindre ce feu qui nous dvore et qui nous rduirait en cendres, afin de redonner un vritable sens la vie.

Nous ne serons jamais assez reconnaissants envers les tres qui nous ont adress un signe, tendu une main, dit quelques mots, qui ont pris le temps de nous couter, de nous comprendre et de nous aider franchir les tapes.

Les portes de la cinquime saison sont certes difficiles trouver et ouvrir, mais la persvrance, le courage et la confiance des tres qui nous entourent dans ces moments difficiles, et de nous mme nous aideront gagner, cest sr.

Thierry M-C.

La Feuille N52

Abstinence de ma connerie

Lalcool ne me tenant plus debout, je vis en faisant attention de ne pas le remplacer par une béquille. Le plus difficile étant de vivre avec ce que je suis.

Au fur et à mesure de mon avancée sur le chemin de labstinence je me rencontre, découvre mes blocages, mes peurs, tout ce qui fait que je buvais. Souvent quand une partie douloureuse vient à surgir, lenvie de boire laccompagne.

Fuir plutôt que daller vers la conscience est le premier réflexe. Le sachant, je prends patience, car ce nest quun moment désagréable à passer et doucement jour après jour je glisse vers ma liberté.

Pour ma part, être abstinent est très dur, mais je dois reconnaître que les moments de pur bonheur vécus avec ma fille et ceux que jaime me remplisse damour, de vie. Je découvre le plaisir de partager avec lautre plutôt que de mourir peu à peu en voulant tout garder pour moi.

Oui, je voulais tellement tout garder que je ne me rendais pas compte que cela me tuait.

Me remplir damour plutôt que dalcool en laissant une place vide en moi pour que linconnu puisse venir, celui qui fait peur

Ne plus regarder en miroir avec lautre, mais le voir en tant quêtre, envie de le découvrir de lapprendre, de laimer parfois. Cela me maintient dans mon désir de ne plus reboire.

Je ne veux plus boire mes déboires, mais déboires !

Désormais, je fait en sorte dutiliser la parole et que celle-ci devienne acte, le plus difficile étant que ma pensée ne vienne pas me court-circuiter en me laissant sans voie, sans voix et sans voir.

Déconditionner les habitudes que mon cerveau malade a pris, perdu dans les méandres de la peur, la fuite infernale, la tromperie, pour le domestiquer et me rendre ce qui mappartient, ce qui est à moi.

Labstinence navait aucun sens à mes yeux pendant longtemps, car je croyais le comprendre.

Je pense que labstinence dalcool est un tremplin vers labstinence de cette forme de pensée, celle qui empêche dêtre.

Michel

 

La Feuille N51

Lespoir nous aide vivre

Il mest venu une petite pense qui dit : " Pourquoi bousiller son prsent avec son pass alors quil y a tant davenir ". Jen conviens, cest peut-tre de la philosophie deux francs, mais si on analyse la chose, cest faisable. Beaucoup ne simaginent pas quils ont beaucoup de chance, ils sont malades certes comme chacun de vous, mais malgr tout ont tout gard femme, enfants, maison, boulot. Si a peut en rassurer quelques uns, jai tout perdu avant davoir commenc minvestir dans cette dmarche de dsintoxication, y compris mes parents, et ce dans un temps trs bref. Javais le choix : 3 options ou je continuais boire plus que de raison et je sais de quoi je parle ; ou jen finissais, mais je ne suis pas courageux ce point ou je rebondissais en me disant quen fait, le reste ne servait rien et que lespoir serait dans lavenir. Cest vrai, cest extrmement dur, mais ctait un challenge ; par minute, par jour, par semaine et maintenant par mois, 8 pour tre exact. Jai fait abstraction du reste pour ne me consacrer qu moi, ma sant. Cest un vrai bonheur la nuit de bien dormir, sans tre oblig de se rveiller en sursaut et en sueur et se lever pour regarder sous le lit et fermer des portes dans la chambre qui nexistaient pas pour viter de voir ce qui se cachait derrire.

Rapprendre manger, rapprendre communiquer sans dire dneries que personne ncoute ou coute uniquement pour vous faire plaisir et pensant au fond deux mme " Lui, il est compltement carbonis comme dhab ". Cest trs dur, trs, trs dur, cest un travail de longue haleine, mais il faut tre patient et surtout courageux. Pour ce que lon a perdre, pour ceux qui ont tout perdu, des hommes ou des femmes, il y en aura toujours, du boulot aussi pour ceux qui veulent sinvestir bien sr, les enfants, il y a toujours moyen de les reconqurir, faites un effort, montrez leur que vous tes plus fort quavant que vous arrivez petit petit remonter la pente et cet effort est dautant plus dur que ces enfants qui sont loin dtre idiots vont tout de suite voir la diffrence et petit petit vous regagnerez leur confiance et rtablirai un dialogue, rien nest jamais perdu pour autant. Quant aux parents disparus, cest vrai cest fini. La parade est de se dire : " Tiens, ils te voient et sont contents de te voir arrter tes conneries ". Cest peut-tre subjectif, mais cest efficace et tout ceci combin vous aide vous reconqurir vous mme, cest a lespoir et lenvie de redevenir vous. Tous vont dire, celui-l ou cest un sacr optimiste ou il na que de la gueule. Cette pense est lgitime mais pourtant a marche. Je nirai pas jusqu dire que la bouteille mest sortie de la tte, mais le pass est le pass on le raye, prparons notre prsent, concrtement notre sortie de linstitution pour nous consacrer pleinement notre avenir en toute srnit. Fini le cocooning de linstitution, la vrai vie vous attend, encore faut il laborder avec lesprit et le sentiment que lon va sen tirer. On nous donne des outils vous de savoir vous en servir. Cest sr que si vous prenez un marteau sans tte, vous narriverez jamais enfoncer un clou, a cest clair. Un marteau se compose dun manche et dune tte, pris sparment a ne sert strictement rien vous et vous dassembler le marteau afin denfoncer le clou et de ce fait obtenir quelque chose de positif. A lheure o jcris ces quelques mots et en 8 mois, je na pas encore runis tous les lments qui me permettraient dtre pleinement satisfait. Tant pis ! Jai le temps et lavenir devant moi, car tout vient point qui sait attendre. Je rpte le pass on le raye, le prsent on le vit pleinement car lavenir nous attend plus sympa que jamais si on sen donne la peine et tout le monde en est capable, son rythme certes, mais cest ralisable.

Bougez-vous, faites du sport,

Sortez la campagne, faites

Nimporte quoi, mais surtout occupez-vous pour oublier

Ce flau quest la bouteille

ESPOIR = AVENIR

A bon entendeur, salut

COURAGE

Bruno

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